publient LE BAL DES PETITS PÈRES de Sylvain Kahn
Préface de David « Bibi » Auradou
   
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L'ARGUMENT
Le rugby amateur et ses acteurs constituent un monde passionnant que Sylvain Kahn avait déjà décrit sous la forme de chroniques.

Voici une nouvelle somme de portraits et de situations où l’on retrouve les membres de l’association Les Petits Pères croqués, synthétisés et propulsés sur le devant de la scène par un montage d’anecdotes et de récits dont l’auteur tire les ficelles avec un sens consommé de l’écriture et de l’humour.
Regroupées sous forme de textes mensuels, les nouvelles tribulations de son équipe s’inscrivent comme une valeur sûre de la littérature
sportive.
L'AUTEUR
Sylvain Kahn est un écrivain parisien atypique de 37 ans, nourri des textes de Eduardo Mendoza et de John Steinbeck, mais aussi des aventures du Petit Nicolas. Il vit au cœur du rugby amateur et se revendique N°5 avant tout. Il jette sur les us et coutumes du milieu ovale un regard empreint d'affection et de détachement et livre ici un deuxième ouvrage tout en verve et en digressions.
 
       
    L'ÉDITEUR
Parole de Sport ! relate le sport sous l’angle du pratiquant ou du témoin privilégié.
La passion sportive des auteurs est évidemment requise mais leur esprit critique tout autant.
Parole de Sport ! veut montrer le sport tel qu’il est, sous les formes d’écriture les plus variées.
Déjà publiés dans la collection : « Les JO inédits » d’Eric Mugneret et « Hier Soir » de Sylvain Kahn.
 
LE LIVRE
Format : 10 x 14,8 cm
Pagination : 196 pages
Graphisme et maquette : n°8           
Dessin : Yazi
ISBN :  978-2-917249-02-4
Prix : 10 euros
Dépôt légal : mars 2009
Imprimé par Isi Print 68-70,
Boulevard des Pyrénées 75020 Paris
    LES EXTRAITS
(...)
Chez les Petits Pères, on se serre les coudes et on s’entraide, On change de numéro et on prend la place du copain blessé ou en convalescence. Si on a une silhouette bidibulle et que le copain joue derrière, alors on redoublera d’effort pour faire mouliner les gambettes, on mettra un turbo sur le diesel habituel, en se disant que l’asticot à réaction d’en face, il peut bien fanfaronner autant qu’il veut, il se trouvera fort dépourvu lorsque la bise du gros sera venue. C’est comme un poids welter face à un poids lourd, il a beau tourner autour du ring, s’il se fait bloquer une seule fois dans un coin, il comprend alors le cri inhumain du bichon maltais dont un saint-bernard est tombé amoureux.

(...)
Voilà qu’ils se retrouvent dans le club house attenant au terrain où trône, Ô merveille des merveilles, un buffet gargantuesque recouvert, débordant, dégoulinant de spécialités locales toutes plus appétissantes les unes que les autres. Quinze millions de calories regroupées sur une table de cinq mètres carré, ça mériterait le Guinness des records ! Si la table de la Cène avait été garnie de la sorte, il est évident que Judas n’aurait pas été ensuite se plaindre aux Romains du manque de savoir vivre de son hôte.

(...)
Dans la vie comme sur le terrain, tout oppose les avants et les arrières, pourtant si liés par l’objectif commun qui est de vaincre ensemble. Et dans leurs dialogues, ils s’opposent. Un avant est un gars costaud et réconfortant (dans la bouche d’une femme en manque de testostérone), voire un gros (dans la bouche d’un arrière). L’arrière est lui un athlète rapide et vif (dans la bouche d’une donzelle en manque de sensation), voire un freluquet (dans la bouche d’un avant).
L’avant sait chanter grassement, l’arrière sait danser élégamment.
L’avant sait soutenir le comptoir, l’arrière sait se retenir au comptoir.
L’avant sait mettre une baffe diplomatique, l’arrière sait se mettre derrière l’avant qui diplomatise.
L’avant chante fort, l’arrière chante… Quand l’avant le laisse chanter.
L’avant a l’air plus con qu’il n’est, l’arrière a l’air moins con que l’avant qui a l’air le plus con.
Et pourtant, l’avant aime l’arrière et l’arrière aime l’avant.

(...)
 Rico, c’est la tête de pont de notre pack. Oui, j’ai bien dit « de pont », pas de méprise. Sur le terrain, il parle peu mais c’est souvent lui qui arrache les bras ou les doigts adverses trop près du ballon, c’est souvent lui qui fait les quelques mètres nécessaires vers l’avant pour que toute l’équipe se remette dans le bon sens, et c’est lui qui prend un malin plaisir à expliquer virilement au flanker d’en face que non, le passage au ras ne sera pas un long fleuve tranquille. Dans le regroupement, il saura toujours se faire respecter d’une façon ou d’une autre… Chez les cons, on appelle ça du vice, mais chez les joueurs qui ont de la classe, on appelle ça de la malice. Et chez Rico, même la gifle est malicieuse.

(...)
C’était mieux lorsqu’on pouvait ne peser que 70 kg et jouer au rugby au niveau international parce que tout n’était pas basé sur la force bestiale. C’était mieux lorsqu’un joueur passait toute sa carrière dans le club de son enfance avec l’amour de ses couleurs tandis que désormais, le même club enrôle des joueurs du Pacifique pour une demi-saison seulement. C’était mieux lorsque la mêlée était considérée comme une composante essentielle du rugby car résultant de la force collective alors que désormais l’individualisme commence à s’insinuer pernicieusement, surtout chez les médias en quête d’icônes plus que de valeurs. C’était mieux lorsque l’eau en bouteille n’existait pas et que dans le doute, il était plus sain de boire du vin. C’était mieux quand le ski se pratiquait dans la montagne entre des épicéas centenaires et des perce-neiges éphémères et non pas dans des hangars en tôle sur la plage de Dubaï. C’était mieux lorsque les vaches mangeaient de l’herbe et pas de la vache en poudre, la digestion étaient meilleure et les pets, moins nombreux, n’agressaient pas la couche d’ozone.
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Site mis en ligne le 5 mars 2009